Dans l'ombre de Mary - John Lee Hancock

Publié le par Morgana et La Luciole

Dans l'ombre de Mary - John Lee Hancock

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Tiens, un biopic ? Ça faisait longtemps, non ? Les derniers dont j'ai parlé n'étaient pas terribles, voire complètement affligeants, vous espériez donc sans doute que ce serait les derniers, mais NON je continue à sévir Mouahahahaha !

Cette fois-ci, je vous parle de Dans l'ombre de Mary, biopic sur Pamela L. Travers (c'est qui, c'est qui ? C'est l'auteur de Mary Poppins!), et je dois dire que j'ai vraiment pas mal aimé ce film. (enfin !)

 

 

Dans l'Ombre de Mary s'intéresse surtout au moment de la création du film, à l'accord passé entre l'auteure de Mary Poppins et Disney.

Et apparemment ce ne fut pas une mince affaire ! Parce qu'elle n'est pas commode cette Pamela !

Elle est claire dès le départ : non, ce ne sera pas une comédie musicale; non elle ne veut pas un seul personnage animé ! Non, Mr Banks n'a pas de moustache; non, leur maison n'est pas si grande; non, on n'invente pas des mots; non, il ne doit pas y avoir DU TOUT de rouge dans le film (sans blague, qu'est-ce que ça peut bien lui fout**!?) (Quand on voit comment est le film au final, on se dit qu'elle ne devait pas avoir beaucoup d'autorité Pamela...)

A côté de ça, les gars de chez Disney qui dansent et sont toujours contents, vous imaginez le tableau …

 

Les personnages sont très caricaturaux, leurs comportements me semblent exagérés, mais c'est aussi ce qui fonctionne si bien.

J'ai trouvé que Disney avait beaucoup d'autodérision (c'est Disney qui a produit ce film). Lorsque Pamela arrive dans sa chambre d'hôtel pour la première fois, elle a un jooooli cadeau : des dizaines de peluches flippantes à souhait, Mickey dans son lit, il n'y sont pas allé de main morte, c'est vraiment too much et ça m'a fait mourir de rire :D

 

 

L'arrivée dans les studios n'est pas mal non plus. Les employés de Disney ont tous un immense sourire figé, ils s'appellent tous par leur prénom, ils mangent des cadeaux roses à la crème tout le temps, si ça avait été un autre film, j'aurais pu utiliser la métaphore : on se croirait à Disneyland, mais là, la blague tomberait à l'eau...

Quoi qu'il en soit, tous ces personnages m'ont véritablement fait penser à des peluches de Disneyland, la secrétaire particulièrement, j'ai passé le film à me dire qu'elle me faisait penser à Daisy (la femme de Donald)..

 

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Bon peut-être que je vais encore une fois un peu trop loin, mais en tout cas, Disney joue dans ce film avec ses propres clichés, l'image qu'on a des studios à l'extérieur, pas mal d'autodérision : je ne m'y attendais pas, j'ai trouvé ça réussi et très drôle :D

 

Parallèlement à ce contraste Pamela/studios Disney, on découvre la jeunesse de l'auteur. Son enfance en Australie, son père qu'elle adore, les jeux qu'il lui apprend …

Le film se sert de chacun de ces détails pour nourrir le « présent » du film et la narration de Mary Poppins. Chacun de ses gestes, chacun de ses choix dans son livre semblent avoir une explication dans son passé, même lorsqu'elle lance une poire par la fenêtre, c'est dire … C'est assez amusant à suivre, de pouvoir se dire « aah c'est pour ça qu'elle ne veut pas que Mr Banks ait une moustache !! » mais ça va parfois un tout petit peu loin...

 

 

Les flashbacks m'ont interpellée pendant le film. Ils sont souvent présentés en coïncidence avec une scène du présent, qui rappelle à Pamela Travers un épisode de son passé. J'ai eu l'impression à plusieurs reprises que ces scènes étaient vues à travers le regard d'enfant de l'auteur, elles ne font pas vraiment réelles. Des minis recherches sur internet (bon ok, vraiment mini : je suis allée sur wikipedia) ont confirmé cette hypothèse. Il est dit que *spoiler* «Travers Goff (le père de Pamela Travers) meurt d'un « délire de type épileptique » lorsque Helen (vrai prénom de Pamela) a sept ans mais, devenue adulte, elle est persuadée que c'est dû à la boisson . » Or le film présente sa mort comme causée par l'alcool, il n'y a pas de doute possible... *fin spoiler*

 

En partant de ce constat, il devient difficile de croire que tout ce qui est présenté dans le film est véridique. Dans un précédent article Les adaptations cinématographiques qui ne plaisent pas à l'auteur on était revenu sur le fait que Pamela Travers n'avait pas du tout aimé la version de Disney. Ce n'est pas non plus ce qui est présenté dans le film : certes elle n'est pas trop d'accord au début, mais à force de chansons entraînantes et de petites tasses de thé, ils parviennent à la convaincre ! Alala.

En même temps, le biopic étant lui-même produit par Disney, on ne pouvait pas s'attendre à une immense impartialité, et ce même si ils se moquent un peu d'eux même par moment...

 

 

Dans mon avis sur le biopic de Jane Austen, j'avais dit que la balance entre la fiction et la vie de la personne était difficile à trouver. En général les biopics collent trop aux éléments réels pour faire un film pleinement réussi. Ici ce serait plutôt l'inverse...

 

Le film est vraiment pas mal, très agréable à regarder, drôle par moment, il m'a fait pleurer à d'autres... mais pour avoir un exposé fidèle de la vie de Pamela Travers, je crois que ce n'est pas le bon plan !

 

Bon en tout cas … il donne envie de chanter Supercalifragilisticexpialidocious (écrit sans modèle ! Chui trop balèze :D) et de revoir Mary Poppins...

Et ca tombe bien, je vous en parle en mars ! ;)

Publié dans Films, Biopic

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Marie 21/02/2016 21:17

J'ai essayé de ne pas trop lire l'article, mais un peu quand même, parce que j'ai très envie de voir ce film. Etant une adoratrice du travail de Mr. Disney je voulais le voir au cinéma mais aucun cinéma de ma région le proposé. Depuis, je n'ai pas repensé à le voir. Donc merci de m'y faire penser ;)

Morgana et La Luciole 24/02/2016 15:28

On retrouve bien l'ambiance Disney, mais avec une petite pointe d'autodérision, donc si tu aimes ce qui est produit par Disney, tu devrais t'y retrouver ;) Tu me diras si tu as aimé ! :) -Luciole