Poulet aux prunes - Marjane Satrapi (film)

Publié le par Morgana et La Luciole

Poulet aux prunes - Marjane Satrapi (film)

Hier je vous parlais de la BD de Marjane Satrapi, aujourd’hui c'est au tour de l'adaptation. Je fais un peu un binôme à moi toute seule. :D Pour que ça passe plus inaperçu, je l'ai fait en deux articles. Comme ça Morgana a moins l'impression que je fais un binôme seule, et elle ne se vexe pas :D

Poulet aux prunes - Marjane Satrapi (film)

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Téhéran, 1958. Depuis que son violon tant aimé a été brisé, Nasser Ali Khan, un des plus célèbres musiciens de son époque, a perdu le goût de vivre. Ne trouvant aucun instrument digne de le remplacer, il décide de se mettre au lit et d'attendre la mort. En espérant qu'elle vienne, il s'enfonce dans de profondes rêveries aussi mélancoliques que joyeuses ...

 

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Marjane Satrapi avait déjà adapté son Persepolis, les dessins du film étaient les mêmes que ceux du livre … Du coup je m'attendais à la même chose lorsque je suis allée voir Poulet au prunes au cinéma. L'affiche elle même m'a trompée puisqu'elle reprend en partie le style de dessin de la BD.

Mais en fait non, ce n'est pas un dessin animé, et j'étais grandement déçue quand je m'en suis rendue compte dans la salle ! (j'aime les dessins animés :D) Finalement Mathieu Amalric est apparu, puis Golshifteh Farahani, une actrice iranienne que j'aime beaucoup et que je trouve magnifique. Alors je me suis remise et j'ai apprécié le film.

 

 

Ce qui est amusant c'est que le film semble avoir quand même gardé l'influence de l'univers de la bande dessinée. Certaines séquences arborent des couleurs vives et saturées qui m'ont fait penser à une BD ou un dessin animé, d'autres sont carrément en dessin animé (comme ça pas de doute) - comme celle du petit monsieur qui part en Inde pour échapper à madame la mort :D

Ce mélange de styles crée une ambiance particulière qui correspond bien au ton de l'histoire, un peu décalé, où on ne sait pas ce qui fait partie réellement du passé ou si les souvenirs de Nasser Ali ne l'aurait pas un peu transformé, idéalisé …

 

 

Le fait que le târ, instrument traditionnel, soit remplacé par un violon retire un peu de charme à l'histoire mais j'ai trouvé que les personnages du film correspondaient également bien à ceux proposés dans la BD. On s'attache difficilement à Nasser Ali (autrement dit, je cite mon copain « c'est un gros con »), et sa femme m'a également fait de la peine (je recite mon copain « elle se fait vraiment marcher dessus ») Voilà voilà. Apparemment il n'a pas reconnu certains personnages d'une fois sur l'autre, si on est pas physionomiste, on peut passer à côté de certains éléments effectivement....

Je parle de son ressenti à lui également, car connaissant l'histoire, mon jugement peut être faussé sur certains passages, et je ne me souviens pas totalement de ce que j'en ai pensé la toute première fois que je l'ai vu. (Je viens de lire ce paragraphe au-dit copain sus-nommé, il est content d'être cité dans le blog mais demande des droits d'auteur:D)

 

 

Bref ! A la sortie du film, je n'avais pas lu la BD, et j'avais beaucoup aimé, mais il me manquait un petit quelque chose pour franchement adorer.

Maintenant que j'ai lu l'oeuvre originale, en le revoyant, je me suis rendu compte que beaucoup de choses qui rendaient l'histoire émouvante n'étaient pas dans le film. Ca tient parfois à rien : une réplique, une case, et pourtant ma lecture est tout autre.

C'est le cas de la fin surtout (encore une fois je ne pourrais pas vous en parler du coup, décidemment c'est des articles pièges!). Entre la fin du roman graphique et la fin du film, une seule réplique change, et pourtant c'est cette case qui m'a permis la lecture que j'ai faite du livre, qui m'a bouleversée et qui selon moi rend l'histoire plus complèxe. Un tout petit quelque chose qui fait que la fin du film ne m'émeut pas autant. Bien sûr, c'est également dans le film, on ne peut pas dire qu'entièrement tout repose sur une phrase, sinon on ferait des BDs d'une case, mais on ne le perçoit pas aussi clairement du coup je trouve.

 

J'espère que ceux qui ont lu et vu Poulet aux prunes verront de quoi je parle, mais je n'en suis pas certaine :D (c'est affreux de baser des articles uniquement sur la fin de l'histoire, je ne le ferai plus jamais ^^). Si ce n'est pas le cas, je suis tout à fait disposée pour en discuter avec vous, histoire de voir si c'est moi qui sur-analyse ou pas aha.

 

 

Bon en gros … le film seul, je l'avais bien aimé, très poétique, l'esthétique me plaisait, les acteurs aussi. Après avoir lu la BD, je le trouve en dessous. Beaucoup de choses que j'aimais beaucoup dans la BD ne s'y trouvent pas, c'est dommage, ça ne tenait pas à grand chose.

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La tête dans les livres 31/01/2016 21:28

A défaut de m'avoir donné envie de regarder le film, tu m'as bien donné envie de lire la BD :)

Morgana et La Luciole 01/02/2016 17:21

C'est l'essentiel, la BD est VRAIMENT très réussie ! Le film est sympa mais ce n'est pas inoubliable ;) -Luciole

Acr0 31/01/2016 20:33

J'ai un peu moins accroché, mais le film prend des risques, et rien que pour ça, il mérite d'être salué.

Morgana et La Luciole 01/02/2016 17:23

Tout à fait, j'ai bien aimé ce qui a été fait sur l'esthétique, ils ont vraiment essayé de se décoller de la version dessinée. Mais ça pêche sur l'émotion je trouve, c'est dommage. -L

Calire 31/01/2016 09:57

Vu le film (ensemble, je crois), pas lu le livre, cette histoire de fin qui ne tient qu'à une réplique me tracasse!!

Morgana et La Luciole 31/01/2016 16:56

Oui, on l'avait vu ensemble, mais je ne me souvenais pas bien de tout ... Je te le prêterai if you want ;)