Le Pianiste - Wladyslaw Szpilman et Roman Polanski

Publié le par Morgana et La Luciole

BINÔME : Avis sur le livre (en vert) et sur son adaptation (en orange) ;)

Si j'ai voulu lire le livre, c'est essentiellement car La Luciole me chantait (presque) jour et nuit (presque, j'ai dit) les louanges du film. En effet, je reconnais que je suis très peu attirée par les témoignages, d'autant plus les témoignages de guerre. Cela me rend absolument malade. Déjà que les cours d'histoire portant sur ces époques étaient à chaque fois une épreuve pour moi, alors je n'allais pas en plus en rajouter. Oui, en gros, je suis une petite nature : parlez-moi de ce qui s'est passé durant la guerre, et je commence à avoir la nausée environ 15 secondes plus tard.

C'est donc armée de courage que je me suis lancée dans la lecture du Pianiste. J'avais envie d'être touchée sans pour autant en ressortir traumatisée, si vous voyez ce que je veux dire :D

 

Wladyslaw Szpilman nous y raconte les événements de la guerre de 39-45 selon son point de vue, celui d'un juif polonais vivant à l'époque à Varsovie.

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Finalement, la lecture n'a pas été une si grande "épreuve" que cela, pour une simple raison : le ton de l'auteur est très "détaché". Il y a beaucoup de dates, le nombre de jours qu'il a passé ici ou là sont précisément donnés. Il ne s'attarde pas tellement sur ses émotions. Même lorsqu'il est en train de mourir de faim, il dit qu'il est en train de mourir de faim, point. Cela ne donne pas lieu à des paragraphes interminables sur les douleurs physiques ou morales qu'il traverse. Au contraire, le tout est très concis.

 

 

D'un point de vue historique, cela m'a beaucoup intéressée car je ne connaissais guère ce que les juifs avaient connu à Varsovie à cette époque. Le "petit ghetto" pour les intellectuels, uniquement relié au "grand ghetto" par une rue pas toujours ouverte, le nombre qu'ils étaient initialement et celui qu'ils étaient à la fin... autant de points qui m'étaient inconnus.

 

Autre point qui m'a surprise : l'auteur ne s'épanche pas du tout sur sa haine de l'envahisseur. Il est atterré que de telles choses soient commises, j'ai même eu l'impression qu'il avait parfois du mal à croire que cela se passait vraiment, mais je n'ai pas souvenir d'un seul paragraphe où il se laisse aller à des insultes ou autre. On sent plutôt son désir de s'en sortir, de survivre, sa détermination, son abattement, qui se succèdent.

 

Toutefois, le ton distancié employé a eu pour effet que je me suis sentie très peu souvent "investie" par le récit.

 

Finalement, moi aussi, j'ai gardé une position assez distanciée. Le livre se lit assez rapidement : le style est efficace, on sent que le but n'est pas de faire de belles phrases, mais des phrases qui disent exactement ce que l'auteur veut dire. J'ai trouvé cela intéressant mais non extrêmement émouvant, à ma grande surprise. Bien sûr, certains moments m'ont touchée, mais de manière très rapide, et c'était plus d'ordre intellectuel qu'émotionnel.

J'ai finalement vu le film, et je l'ai beaucoup aimé : si dans le livre, la musique est plus ce qui sauve le héros à chaque fois (il a une certaine notoriété grâce à son métier ; et parfois, il tombe simplement sur des personnes qui aiment la musique et décident de l'épargner pour cela), elle est beaucoup plus présente en tant que telle dans le film, et cela m'a beaucoup plus touchée.

Mais La Luciole vous dira tout cela bien mieux que moi... ;)

 

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Parler du Pianiste de Polanski sur le blog est certes une excellente idée, mais lorsqu'on a évoqué cette possibilité avec Morgana, je me suis demandé ce que j'allais bien pouvoir dire.
Le Pianiste, c'est la rencontre entre un de mes réalisateurs préférés et un de mes acteurs préférés (Adrien Brody), ce qui en fait un de mes films préférés. C'est mathématique.
Ajoutez à ça que dès qu'il y a le préfixe « pian- »  dans le titre, le film est immédiatement catapulté dans mon top ten (au même titre que La Leçon de Piano), j'avais des raisons d'avoir peur que l'article se limite à « C'est un film faaaaabuleux ! Arrêtez tout ce que vous êtes en train de faire et regardez-le ».

Du coup pour éviter ce minimalisme qui ferait peut-être du bien au blog mais auquel on ne vous a pas duuuuu tout habitués avec nos digressions en tout genre, j'ai lu le livre ! Quel professionnalisme n'est-ce pas ?

 

Comme je suis parfaitement d'accord avec Morgana concernant le livre, je passe directement à l'adaptation cinématographique. Et plus précisément sur la comparaison avec le livre pour éviter le fameux « C'est fabuleux !!! ».


Et bien une fois n'est pas coutume (même si cela m'arrive relativement souvent), j'ai préféré le film, en premier lieu pour la même raison que celle évoquée par Morgana et pour Tous les matins du monde : dans le film, la musique fait partie intégrante du récit et on peut l'entendre réellement !
Le livre a évidemment son intérêt, mais comme l'a dit Morgana, c'est plus un journal dans lequel on prend connaissances des événements historiques de la seconde guerre mondiale du point de vue d'un juif qui échappe à la déportation qu'un roman. D'ailleurs lorsque j'ai voulu acheter le livre à Gibert Joseph, le rayon littérature m'a gentiment renvoyée dans la boutique « sciences humaines ».

 


Le film reste fidèle au côté témoignage du livre,

il montre des faits avec distance, sans tomber dans le pathétique ou le larmoyant comme tant d'autres films sur la Seconde Guerre Mondiale que je ne nommerai pas ! Roman Polanski a d'ailleurs moins recours dans ce film-ci aux grands effets de lumière et de cadrage reconnaissables dans ses autres films. Comme il l'a dit lui-même concernant Le Pianiste, avec un tel sujet, le réalisateur doit s'effacer. Il signe ainsi un film sobre, ce qui ne le rend que plus beau et plus émouvant !

 

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Le film ne colle pas totalement au livre, Roman Polanski s'est également basé sur sa propre expérience dans le guetto de Cracovie pendant la Seconde Guerre Mondiale. Le fait que Wladek (le personnage principal) soit pianiste est également plus mis en valeur que dans le livre. Le tout est plus fictionnalisé, se détache du simple témoignage et j'ai trouvé qu'on entrait plus facilement en empathie avec le personnage que dans le livre qui garde une étonnante distance sur ce qu'il raconte.

 

Je ne peux pas parler du film sans parler du jeu d'Adrien Brody que je trouve fabuleux et qui participe grandement à l'émotion que l'on peut ressentir pendant le film ! (c'est pas pour rien qu'il a reçu le César du Meilleur acteur pour ce film !

Il a su faire réellement évoluer son jeu et passer de l'assurance d'un homme avec une certaine notoriété au début, à une personne dont le seul but n'est plus que survivre, on voit bien que son esprit n'est plus occupé par quoi que ce soit d'autre et il me fait toujours penser à un petit chiot abandonné cherchant désespéremment de la nourriture.

 

 

En bref, le film a su allier témoignages poignants de la Seconde Guerre mondiale et réelle fiction dans laquelle on suit un personnage attendrissant. Le tout pour un résultat très réussi que je conseille à tous, que ce soit pour en apprendre plus sur cette partie de l'histoire ou pour le récit de cet homme au destin émouvant et hors du commun !

Le Pianiste - Wladyslaw Szpilman et Roman Polanski

En fin de compte, le livre et le film racontent la même histoire mais ne l'abordent pas du même point de vue:

Le livre : se concentre sur des faits, comme un journal de bord : la notion du temps est plus importante que dans le film par exemple.
Le film: aborde l'histoire de manière plus fictionnel, en donnant plus de place à l'histoire entre Wladek et la jeune violoncelliste par exemple et en permettant au spectateur de plus s'attacher au personnage, tout en restant sobre et respectueux du sujet.


Il est vrai que Morgana et moi avons préféré le film et que nous avons eu plus de mal avec le livre, mais c'est surtout parce que le film correspondait plus à ce que nous recherchions. ;)

(On s'excuse tout platement pour cette conclusion un tantinet scolaire ... on essaye d'améliorer les binômes pour en faire un réel article commun avec conclusion globale, mais la c'est notre first one :D)

 

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Commenter cet article

Maminou 20/06/2015 17:43

Vos commentaires en binôme sont d'autant plus intéressants que j'ai visité Varsovie et Cracovie une guide .Merci.

calire 18/06/2015 20:04

j'ai vu le film, mais pas lu le livre, mais si j'ai bien compris, j'ai donc fait tout à fait ce qu'il fallait! Bravo pour ce très intéressant binôme!

Morgana et La Luciole 19/06/2015 13:01

Ca dépend ce qu'on recherche dans cette histoire, le livre apporte plus de détails sur les conditions de vie qu'il a éprouvées, c'est plus historique. Mais j'ai effectivement été plus touchée par le film, et Morgana aussi ;) *Luciole*