Publié le 24 Août 2016

Edition Spéciale Prague : Trains étroitement surveillés - Bohumil Hrabal, Jiří Menzel

L'avis de Morgana sur le livre :

Trains étroitement surveillés, Bohumil Hrabal, 1964

 

 

Edition Spéciale Prague : Trains étroitement surveillés - Bohumil Hrabal, Jiří Menzel

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Une petite gare de Bohême pendant la guerre. Un stagiaire tente de s'ouvrir les veines par chagrin d'amour. L'adjoint du chef de gare profite d'une garde de nuit pour couvrir de tampons les fesses d'une jolie télégraphiste. Mais il y a aussi l'héroïsme, le sacrifice, la résistance. Dans un pays qui a donné tant de richesses à la littérature mondiale, Hrabal est un des plus grands.

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Dès les premières lignes, j'ai aimé l'écriture de Bohumil Hrabal. Ce court roman de 125 pages est écrit à la première personne. C'est Milos, le stagiaire évoqué dans le résumé, qui pose un regard très tendre et presque enfantin sur ce qui se déroule sous ses yeux.

 

Le ton est assez absurde, du coup. Milos parle de sujets assez graves, mais avec une légèreté très décalée. Il revient tout de même d'un arrêt maladie car il a tenté de se suicider, en plus c'est la guerre. Mais il y a toujours cette innocence un peu triste dans la voix du personnage. On dirait vraiment un enfant, ce Milos. Un enfant avec des problèmes d'adulte, je dirais presque !

 

Le roman s'ouvre sur le trajet du héros jusqu'à la gare, et ensuite presque tout s'y déroule. Dans cet endroit, j'ai eu l'impression de voir tous les problèmes du pays à l'époque. Les problèmes causés par la guerre, avec les violence et les horreurs que cela comporte, puis les problèmes à une échelle plus personnelle. Toujours avec ce goût d'absurde, qui m'a permis de passer du rire à l'horreur en très peu de pages. Les descriptions des horreurs de la guerre sont parfois assez violentes, certaines m'ont été à la limite du supportable (mais je suis un petit peu trop sensible pour mon propre bien, donc bon... :D).

 

Cela dit, j'ai vraiment ri durant cette lecture : entre l'aventure des tampons et les pigeons que le chef de gare élève (et qu'il semble aimer plus que tout au monde), j'avais souvent un grand sourire débile sur les lèvres. Ce livre avait un côté très addictif sur moi, je n'avais pas envie de le reposer, je voulais juste continuer à me laisser porter par l'écriture de Hrabal.

Ce n'est pas vraiment une écriture prise de tête, contrairement à L'Autre Ville. C'est littéraire (et tant mieux, vu que les sujets sont souvent peu raffinés :D), mais ça se lit facilement. Evidemment, comme pour toute oeuvre un peu absurde, je pense qu'il faut réussir à entrer dans l'univers et se laisser porter.

Cela dit, Trains étroitement surveillés est sans doute l'oeuvre la moins surréaliste des trois que j'ai découvertes à l'occasion de cette spéciale Prague. C'est aussi sûrement celle que j'ai le plus aimée, alors que les sujets traités sont initialement de ceux qui m'intéressent le moins. L'écriture de Hrabal semble avoir fait des miracles, il me reste donc à me procurer d'autres ouvrages de lui !

L'avis de la Luciole sur le film :

Trains étroitement surveillés, de Jiří Menzel, 1967

 

 

Pour ma part, cet avis va être plus compliqué à écrire que d'habitude parce que je ne sais pas si j'ai bien aimé ou pas.

Je ne m'étais pas particulièrement fait une idée du film avant de le voir (ça m'arrive), mais si j'avais dû m'en faire une, ça n'aurait pas du tout été celle-ci …

 

Tout d'abord, la bande-annonce m'a induite en erreur. Quand on l'a trouvée avec Morgana, elle nous avait bien fait rire, elle augurait quelque chose de complètement absurde et très drôle.

Deuxièmement, l'année de réalisation (1967), me laissait penser à une façon de traiter le thème de la séduction bien différente.

J'étais déjà bien déstabilisée quand je me suis rendue compte que je n'avais quasiment pas étudié ni le cinéma, ni l'histoire tchèque (à part Milos Forman, mais ça restreint un peu ...), je n'avais aucune base pour le comprendre. Bien !

 

 

Je me suis donc retrouvée face à ce film, qui est plutôt amusant, certes, mais pas de la manière que j'imaginais. Il était au final bien moins surréaliste et absurde que ne me l'avait laissé penser la bande-annonce. (Ceci dit, je ne suis pas ici pour faire la critique de la bande-annonce :p) Et comme toutes les œuvres tchèques dont on a parlé dans cette édition spéciale étaient surréalistes d'une manière ou d'une autre, je pensais en toute bonne foi que ce serait le cas ici aussi.

 

Donc pas vraiment de surréalisme, mais un côté un peu décalé.

 

Reprenons le synopsis :

 

Miloš travaille dans une petite gare tchèque pendant la deuxième guerre mondiale. Tourmenté par sa timidité, il n'arrive pas à séduire la jolie contrôleuse qui pourtant s'offre à lui. Devant cet échec et désespéré de pouvoir prouver qu'il est un homme, il tente de se suicider. Une jeune fille va tenter de lui faire surmonter ses craintes.

 

 

Quand je le relis après avoir vu le film, tout me paraît très limpide, mais ce n'est pas aussi subtil que ça dans le film, et le fameux Miloš est surtout perturbé par le fait d'être « éjaculateur précoce » comme il le précise à qui veut bien l'entendre. Vous l'aurez compris, une grande partie de l'intrigue porte surtout en-dessous de la ceinture. Mais c'est toujours mise en scène avec la naïveté du personnage de Miloš, et avec une telle franchise que le tout devient plutôt décalé et burlesque. Et surtout, ce n'est absolument pas lourd !

 

Hé ! Mais c'est que tu as raison !

(oui, exceptionnellement, je vais faire un petit aparté dans la partie de La Luciole :D)

 

Figurez-vous que quand la Luciole a eu vu le film, elle m'a envoyé ce sms "Je ne sais pas si c'est pareil dans le livre, mais ça parle que de cul" (on est toujours aussi raffinées, nous aussi, oui :D). Je suis restée vraiment très, très bête. Parce que j'ai soudain réalisé que c'était un peu ça dans le livre également, sauf qu'en le lisant, je ne l'avais pas du tout senti :D En me renseignant un peu, j'ai d'ailleurs vu qu'on avait souvent dit de Hrabal qu'il était grossier, proche de la pornographie dans ses oeuvres... C'est vrai qu'il ne fait souvent pas dans la dentelle, mais le regard si tendre du personnage et l'humour de l'auteur que l'on sent derrière, m'a presque totalement fait passer à côté de ça. Il y a eu un moment au début, où j'ai un peu tiqué (une tirade du chef de gare, il me semble), mais après je suis juste entrée dans l'univers, et comme je voulais le disais, le ton m'a tellement séduite que l'auteur aurait pu m'expliquer la reproduction des pigeons du chef de gare, ça m'aurait été égal je crois :D

Et puis, comme va vous l'expliquer la Luciole, ça ne s'arrête pas là. A l'image du livre, il n'y a pas que des sujets triviaux qui sont traités.

 

Retour au film ...

Eh oui, ça pourrait s'arrêter là, mais ce serait trop simple. Trains étroitement surveillés est un film appartenant au courant de la Nouvelle Vague Tchèque dont Jiří Menzel, le réalisateur, est un des représentant. (par ici pour en savoir plus sur la Nouvelle Vague Tchèque) Il aurait été donc très étonnant que ce film se contente d'une histoire d'éjaculateur précoce …

Le titre nous met sur la voie (de train). Non, le film ne s'appelle pas « La vie sexuelle palpitante et presque désastreuse de Miloš », mais bien « Trains étroitement surveillés ».

Il est donc question de ces trains, transportant des marchandises pour participer à l'effort de guerre des Nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale. Et Miloš se retrouve un peu par hasard et sans trop savoir comment dans un acte de résistance contre un de ces trains qui passent dans la gare. Rapporté au contexte contemporain du film (1967), on peut penser que c'est une façon détournée de parler du régime tchèque, de la situation du pays de cette époque-là, comme l'a dit Morgana.

Au final, ce film rejoint dans un certain sens le côté surréaliste dont on vous parlait dans l'introduction de cette édition spéciale, puisque l'humour lui permet d'aborder pas mal de sujets de manière indirecte et en évitant la censure.


 

Ceci dit, qu'est-ce que j'en ai pensé de manière tout à fait subjective ?

 

Si ce n'est que Milos a une bonne tête :D

Comme je vous l'ai dit, je m'attendais à autre chose et je suis restée assez perplexe devant ce film. Il m'a plus fait rire a posteriori, quand j'en parlais avec Morgana, qu'au moment où je l'ai vu.

A part les plans que j'ai trouvés vraiment beaux, la réalisation ne m'a pas particulièrement séduite, comme ce fut le cas de Morgana avec l'écriture du livre, pour que j'accroche entièrement.

Pourtant je sentais que je passais à côté de quelque chose, et le fait d'en connaître si peu sur l'histoire du cinéma tchèque a vraiment été un manque pour pleinement apprécier le film.

Je garde malgré tout un bon souvenir du film puisque je repense à certaines scènes en me demandant quelle pourrait être la métaphore, et j'ai bien envie de me renseigner un peu plus sur le cinéma tchèque de cette époque-là !

 

En conclusion à ce binôme : le contenu du livre et de son adaptation nous a surpris, on ne s'attendait pas à ça lorsque nous nous sommes dit que ce binôme était une fabuleuse idée :D On s'attendait à plus de burlesque. Même s'il y en a beaucoup, ce n'est qu'une façade.

Morgana a complètement adhéré au style de Bohumil Hrabal.

La Luciole est un peu plus mitigée, mais a l'impression d'être passée à côté d'une grande partie du film et le reverra donc sûrement après quelques recherches pour mieux l'apprécier.

En tout cas, pour découvrir la littérature et le cinéma tchèques, Trains étroitement surveillés est une bonne solution: à la fois pas trop prise de tête dans le traitement, en apparence léger, mais en restant de très bonne qualité ! :)

L'Edition Spéciale Prague :

 

Sommaire

Binôme : Le Procès, de Kafka et son adaptation par Orson Welles

L'Autre Ville, Michal Ajvaz

Alice de Jan Svankmajer : adaptation surréaliste et un peu dérangeante d'Alice au Pays des Merveilles

 

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Rédigé par Morgana et La Luciole

Publié dans #Editions spéciales, #Films, #Adaptations cinématographiques, #Binômes, #Lectures

Publié le 22 Août 2016

Edition Spéciale Prague : Alice - Jan Svankmajer

On est un peu habituées sur le blog à parler d'oeuvres plutôt confidentielles, voire carrément étranges. Mais oubliez tout ce dont on a parlé jusqu'à présent, ce film sera le plus … euh disons « particulier » qui aura fait l'objet d'un article sur le blog. (Rassurant n'est-ce pas?)

Il s'agit d'un film de Jan Svankmajer, une référence quand on étudie le cinéma d'animation. Et sachez que parler de ce réalisateur est une de mes grandes joies de cette Edition Spéciale Prague  :D

Je l'ai découvert il y a quelques années, avec Survivre à sa vie, théorie et pratique. Ca envoie du pâté n'est-ce pas, comme titre ? Là, on va faire plus simple : c'est Alice, adaptation évidemment d'Alice au Pays des Merveilles. Le côté surréaliste des films de Svankmajer associé à l'oeuvre de Lewis Caroll, a piqué ma curiosité, je voulais voir ça !

Edition Spéciale Prague : Alice - Jan Svankmajer

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Vous pouvez oublier les couleurs pastel, les jolies chenilles bleutées, les « Joyeux non-anniversaire » et les mignons lapins blancs : on est loin, très loin de la version de Disney :D.

 

Là on joue plutôt dans le domaine du stop motion avec animaux empaillés. Et ce n'est pas une métaphore. Le film est vraiment étrange, voire dérangeant.

 

J'ai l'habitude des films un peu chelou et de suivre les "délires" des réalisateurs, alors, ça ne m'a pas dérangée, au contraire : j'ai beaucoup aimé. Mais je tiens à préciser que mon copain n'a pas tenu jusqu'à la fin. Du coup pour vous rendre bien compte du genre de réactions antagonistes que ce film peut susciter, en parallèle de mon avis, je vous mettrais ses commentaires, en rouge. La Luciole timbrée face aux commentaires d'une personne (presque) sensée. :p C'est parti !

 

 

Alice est une petite fille qui s'ennuie dans sa grande maison. Son lapin blanc empaillé s'est enfui de sa vitrine, elle s'empresse de le suivre. Ca commence comme une adaptation d'Alice normale.

Ou presque.

Pas de doute à avoir, dès le début le film nous met dans l'ambiance. A noter que j'étais tellement dans l'optique de : ce qu'on voit n'est qu'une forme de représentation, ce n'est pas vraiment réel, que je pensais que le lapin était réel. En fait non, dans l'histoire du film non plus ce n'est pas un vrai lapin.

Le fameux lapin blanc d'Alice est donc empaillé et animé en stop motion. Il mange de la sciure et a une passion pour les tiroirs (ce que je n'ai pas compris d'ailleurs). Il se balade avec une paire de ciseaux à la ceinture et range sa montre dans euh … son ventre, au milieu de la sciure qui le compose (ben oui il est empaillé). Alice a la fâcheuse tendance à goûter tout ce qui lui tombe sous la main. Y compris la sciure du lapin.

- « Elle est affamée cette petite, donnez-lui à manger! »

- Oui, mais ça justifie parfaitement le fait qu'elle mange les gâteaux qu'elle trouve et boive de l'encre. Si on y réfléchit deux secondes dans la version originale, Alice mange et boit des trucs indéfinis simplement parce qu'on lui dit de le faire. C'est pas très malin de sa part. Alors que là vu qu'elle goûte tout, c'est logique du coup :D Continuons ???

Quand Alice rétrécit, elle se transforme en poupée en procelaine. Et après il y a les sbires-squelettes du lapin qui arrivent.

 

 

Je pense que ce petit paragraphe vous a donné un bon aperçu du style :D

Autant vous dire que ça peut être assez perturbant, mais on va partir du principe que ce point-là est normal. Sinon on s'arrête à ça, et ce serait dommage. Oublions le côté "creepy".

 

J'attendais avec impatience de voir le Pays des Merveilles que je n'avais pas aperçu dans les extraits que j'avais vu. Eh bien … il n'y a pas vraiment de Pays des Merveilles, vous vous en doutez.

Dans l'histoire de Lewis Caroll, Alice se réveille à la fin : ce n'était qu'un rêve (ou peut-être plus, mais en tout cas, elle dormait). Jan Svankmajer prend cette idée au pied de la lettre : on retrouve dans le « voyage » d'Alice des éléments de son univers quotidien : le lapin, sa poupée, ses peluches, ses cartes, ses chaussettes, les bocaux du garde-manger plein de… Ah pardon, j'avais dit qu'on ne relevait plus les éléments creepy …

- « Ben oui, une conserve de blattes, pourquoi j'avais pas deviné ? »

- J'ai dit : on ne relève plus les éléments creepy !

 

Bref, pour le rêve je ne sais pas, mais j'ai vraiment eu l'impression de voir Alice jouer, avec des choses étranges certes :

 

« ça c'est censé être la chenille ??! »

 

mais c'est la seule adaptation que j'ai vue qui mettait vraiment en scène le fait que tout sort de l'imagination d'Alice. Elle évolue dans sa propre maison, avec ses propres objets. C'est sa voix à elle pour tous les personnages, seule l'intonation change selon les personnages, comme le font les enfants qui jouent.

Ca donne un peu l'impression d'être de l'autre côté de la barrière (ou plutôt de l'autre côté du miroir, pour rester dans l'univers d'Alice). D'habitude on nous montre tout par la perception d'Alice, là on nous montre ce qui pourrait se passer vraiment... Et forcément c'est un peu glauque « Forcément, quand je me retourne, il crache ses dents! ».

 

Une façon un peu différente de voir ce film, mais pas moins intéressante : c'est peut-être vraiment la perception d'Alice et dans ce cas elle a vraiment un grain.

Bon, dans tous les cas elle a un grain... C'est flagrant à la fin dont j'ai envie de vous parler un peu, sans spoiler bien sûr.

Je me demandais comment le film allait gérer la fin. J'ai été déçue qu'Alice se réveille comme dans l'oeuvre originale, j'avais envie que tout soit réel. (La meuf vraiment louche, je sais :D) Mais la toute fin a su me surprendre malgré tout, elle m'a vraiment donné à réfléchir , et c'est peut-être ce qui m'a le plus perturbée de tout le film.

 

 

Je ne vais pas plus m'épancher, mais je trouve qu'Alice de Svankmajer est une adaptation d'Alice au Pays des Merveilles vraiment intéressante. Elle propose une manière singulière de voir l'oeuvre sans pour autant dénaturer l'originale. Le livre est suffisamment tordu pour permettre ce genre d'adaptationun peu trash, et je trouve ça génial.

Alors forcément, la forme peut être dérangeante …

- « C'est horrible ! Horrible … ! »

- Mais si on arrive à dépasser cet a apriori, on peut vraiment l'apprécier et découvrir quelque chose qu'on n'a pas l'habitude de voir.

 

- « Si je peux donner un conseil, il faut pas voir ce film avant d'aller dormir »

- Bon peut-être, mais dans l'après-midi, c'est très bien. Et en tout cas ce n'est pas un film qui laisse indifférent ;)

 

« Et voilà, maintenant je ne pourrais plus jamais mettre de chaussettes ! »

L'Edition Spéciale Prague :

 

Sommaire

Binôme : Le Procès, de Kafka et son adaptation par Orson Welles

L'Autre Ville, Michal Ajvaz

A venir:

Binome : Trains étroitement surveillés, de Bohumil Hrabal et son adaptation par Jiří Menzel

 

 

 

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Rédigé par La Luciole

Publié dans #Editions spéciales, #Films, #Adaptations cinématographiques

Publié le 20 Août 2016

Edition Spéciale Prague : L'Autre Ville - Michal Ajvaz

Dans une librairie de Prague, un homme trouve un livre écrit dans un alphabet inconnu et l’emporte chez lui ; bientôt l’ouvrage lui ouvre les portes d’un univers magique et dangereux. À mesure qu’il s’enfonce dans les méandres de cette autre ville, il découvre des cérémonies baroques, des coutumes étranges et des créatures fascinantes ; derrière la paisible Prague des touristes, des cafés se muent en jungles, des passages secrets s’ouvrent sous les pieds et des vagues viennent s’échouer sur les draps...

Livre hypnotique entre merveilleux et surréalisme, L’Autre Ville est une ode à la quête, et au courage nécessaire pour affronter les nouveaux mondes qui ne cessent de nous appeler.

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Edition Spéciale Prague : L'Autre Ville - Michal Ajvaz

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Lorsque nous avons commencé à chercher des idées pour cette spéciale Prague, j'ai immédiatement flashé sur L'Autre Ville. Sur sa couverture, plus précisément. Oui, je suis superficielle comme ça, ne faites pas comme si c'était une nouvelle (ou si vous n'étiez pas pareil, niark).

Quand j'ai vu que ça se déroulait dans Prague même, qui plus est qu'il était question d'un livre mystérieux trouvé dans une librairie, je me suis dit que j'avais trouvé là mon homme livre ! Je vous avoue que, étant donné son année de publication (2015), je pensais que ce serait le moins surréaliste des 3 livres de cette édition : à côté du Procès (1925) et de Trains Etroitement Surveillés (1965). Erreur. Enorme erreur. :D

 

Un extrait vous donnera immédiatement une idée de ce que j'essaye tant bien que mal d'expliquer :

Edition Spéciale Prague : L'Autre Ville - Michal Ajvaz

Voilà. Bienvenu dans L'Autre Ville.

On ne va pas se mentir, ce fut une lecture assez pénible. Je n'y ai pas pris énomément de plaisir. Pénétrer dans l'univers de L'Autre Ville, celle qui existe dans les recoins de Prague, dont le narrateur découvre au hasard les entrées lorsqu'elle veut bien se montrer à lui, pénétrer dans cette univers-là m'a été difficile. J'ai tendance à beaucoup rire quand je lis de l'absurde, et à me laisser porter par le texte sans trop intellectualiser ça. Ce n'est qu'après que je me mets à réfléchir au texte et à ce qu'il pourrait vouloir me dire. Là, je n'ai même pas réussi à me laisser porter. Si le narrateur réussissait à pénétrer dans le monde absurde qui existe pour ceux qui savent regarder, je suis pour ma part restée à la porte.

 

J'ai trouvé le texte d'emblé très intellectualisé avec ses réflexions sur les choses juste sous notre nez que l'on ne parvient à pas voir car notre regard ne se pose que sur ce que nous connaissons et qui ne nous effraie pas. C'est très intéressant. J'aurais donc pu totalement adhéré à ce livre, mais ça n'a malheureusement pas été le cas.

L'Autre Ville, c'est un récit qui oscille entre le fantastique, le merveilleux, le philosophique, avec des passages inquiétants où l'auteur fait monter la tension. Un mélange très réussi, mais qui n'a pas fonctionné sur moi.

 

J'ai lutté pour aller jusqu'au bout. D'abord, parce que je n'avais pas de plan B pour cette spéciale Prague (:D) et, surtout, parce que je me demandais quelle chute l'auteur nous réservait, même si c'était une lecture assez épuisante à cause de son style si particulier.

 

Cela dit, c'est magnifiquement écrit, je dois le reconnaître, le style est splendide. C'est l'écriture de cet auteur-là et de personne d'autre. Il manie les mots avec habileté et en fait ce qu'il veut. Cela permet de créer une ambiance très particulière, très onirique. J'ai eu l'impression d'être plongée dans l'un de ces rêves un peu fous dont on se réveille en se disant que, décidément, notre inconscient est soit fascinant, soit essaye de nous faire comprendre à quel point on est peu sains d'esprit :D

Quant à la fin, elle n'est pas si surprenante que ça, elle devient peu à peu évidente, mais je l'ai beaucoup aimée !

 

Pour apprécier cette lecture, je crois qu'il faut réussir à entrer dans cet univers et à se laisser porter par les mots si particuliers de l'auteur. Je sais, vous allez me dire que c'est un peu le cas pour toute lecture, mais là je vous assure que c'est absolument essentiel :D

 

A défaut d'y être parvenu, j'ai au moins appris les noms d'endroits connus à Prague, j'espère juste qu'avec la Luciole, nous ne tomberons pas sur les entrées dans L'Autre Ville, car je n'ai pas tellement envie de me retrouver à combattre un requin au sommet d'un immeuble ou à écouter la messe d'un prêtre portant une robe multicolores avec une tête de tigre par-dessus (je vous avais dit que, question absurde, ce livre était costaud :D).

L'Edition Spéciale Prague :

 

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Binôme : Le Procès, de Kafka et son adaptation par Orson Welles

 

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Alice de Jan Svankmajer : adaptation surréaliste et un peu dérangeante d'Alice au Pays des Merveilles

Binome : Trains étroitement surveillés, de Bohumil Hrabal et son adaptation par Jiří Menzel

 

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Publié le 18 Août 2016

Edition Spéciale Prague : Le Procès - Franz Kafka, Orson Welles

Il était impossible de faire une Edition Spéciale Prague sans parler de Kafka … Même la bannière de l'édition spéciale est à son effigie. On a hésité avec Kundera, mais c'est finalement ce cher Franz qui a gagné la bataille, et on n'allait pas parler de tous les classiques tchèques quand même :p

Franz Kafka ouvrira donc les festivités (et quelles festivités !:D) avec ce binôme sur Le Procès, et son adaptation du même nom réalisée par Orson Welles. (des œuvres qui sentent bon les vacances :D)

Nous avons un peu de mal à commencer cet article. Déjà parce que le départ pour Prague est demain (à l'heure où on écrit l'article) et qu'on commence à être pas mal excitées, en plus le voisin doit venir de rompre avec l'amour de sa vie car il passe la même chanson d'amour en boucle depuis 30 minutes, pas facile pour se concentrer (non, n'insistez pas, on ne connait pas le titre de la chanson en question, et au moment où on a voulu utiliser Shazam, la musique s'est interrompue:( ), du coup on est obligé de boire pour supporter, et parler de Kafka devient quasiment impossible *

*l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération :p

 

Non en vrai, on a du mal à commencer cet article certes, mais c'est surtout car ce sont deux auteurs magistraux et archi reconnus, c'est toujours difficile de donner son avis sur de telles œuvres surtout quand on s'appelle Morgana et la Luciole :D

Mais c'est parti ! Faute de vous faire une grande thèse (car ce n'est pas le but de l'article, et que de toute façon on n'en serait pas capables ..:D), on va vous parler de ce qu'on en a pensé de manière plus personnelle. Morgana vous donne son avis sur le livre, et la Luciole sur l'adaptation cinématographique.

 

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Le jour de son arrestation, K. ouvre la porte de sa chambre pour s'informer de son petit-déjeuner et amorce ainsi une dynamique du questionnement qui s'appuie, tout au long du roman, sur cette métaphore de la porte. Accusé d'une faute qu'il ignore par des juges qu'il ne voit jamais et conformément à des lois que personne ne peut lui enseigner, il va pousser un nombre ahurissant de portes pour tenter de démêler la situation. À mesure que le procès prend de l'ampleur dans sa vie, chaque porte ouverte constitue une fermeture plus aliénante sur le monde de la procédure judiciaire, véritable source d'enfermement et de claustrophobie. L'instruction suit son cours sur environ un an durant lequel l'absence d'événements est vue uniquement à travers les yeux de K.

 

Le livre, l'avis de Morgana

Le Procès, de Franz Kafka, 1925

 

 

 

Quand la Luciole m'a proposé le binôme sur Le Procès, j'ai immédiatement accepté. Limite j'aurais fait un jeté de confettis accompagné d'une fanfare. Depuis le temps que je voulais découvrir une œuvre de Kafka ! La flemme qui me retenait n'avait qu'à bien se tenir (j'avais quand même conscience que ça n'allait pas être la même chose que Martine à la plage).

 

Après cette lecture, j'avoue que je suis fascinée. Cette œuvre est tellement dense ! Je comprends qu'on puisse la trouver hermétique, j'ai même entendu qu'on avait trouvé qu'elle « avait mal vieilli ». Pour ma part, je lui trouve au contraire un côté très intemporel. Les questions traitées, on peut encore se les poser aujourd'hui. Le livre a été interprété de manières très différentes à ce que j'ai compris : certains ont mis l'accent sur le côté « historique », avec l'arrestation matinale qui peut faire penser au contexte politique du pays à ce moment-là, d'autres accentuent les questionnements sur des sujets tels que la liberté, l'individu, la loi, le côté absurde de l'existence, la subjectivité, etc.

 

C'est le genre de bouquin où j'ai l'impression que l'on verra quelque chose de différent à chaque lecture. Mais, dans mon cas, y-aura-t-il de prochaines lectures du Procès ? J'ai trouvé ça passionnant, unique, dense (blablabla...), mais qu'en est-il de mon plaisir de lecture ? Parce que, par exemple, je trouve l’œuvre de Kant passionnante, mais il faut limite me mettre un flingue sur la tempe pour que je m'y plonge tant c'est juste épuisant, voyez-vous :D

Concernant Le Procès, là aussi, dans le genre épuisant, c'était pas mal ! Ma lecture s'est déroulée en trois temps : le début, que j'ai lu très rapidement. Les premiers chapitres comportent pas mal de dialogues, je les ai lus vite, la découverte de l'écriture de Kafka m'incitait à tourner rapidement les pages. Et puis, bordayl, de quoi il était accusé, ce Monsieur K. ? :D

Puis les chapitres m'ont parus devenir plus difficiles à lire. Quand il y avait des dialogues, les répliques pouvaient prendre plusieurs pages à elles toutes seules, j'avais l'impression que j'aurais pu relire 10 fois un même paragraphe sans avoir tout saisi. Bref, c'était le creux de la vague (j'essaye de caser la plage dans cet article, mais l'ambiance estivale peine à se faire une place, malgré mes efforts désespérés :D).

Enfin, c'est doucement remonté, jusqu'au chapitre de la cathédrale. Ce chapitre, les amis, c'est juste un truc de fou. J'ai eu l'impression que tout le livre était comme expliqué là-dedans. Il s'y trouve la fameuse parabole avec l'homme qui veut « entrer dans la Loi » mais en est empêché par la sentinelle plantée devant. Ce chapitre-là, je sais que je le relirai. Le reste, je ne sais pas, c'est tout à fait possible, mais je me vois plutôt redécouvrir le livre par morceau, pour profiter de chacun.

Chaque chapitre est finalement assez indépendant. La chronologie est assez spéciale. On sent l'avancée claire de K. qui cherche à prouver son innocence d'une faute dont il ne connaît même pas la nature (simple). Toutes ces parties concernent un nouvel aspect de la société représentée par des personnages très précis : le juge, l'avocat, les administratifs, le religieux, et les femmes... ah, les femmes. Il y en a un paquet, et il y aurait eu de quoi psychanalyser ce bon vieux Kafka, que je soupçonne d'avoir eu un sacré problème avec la gent féminine. :D En tout cas, voir ce pauvre K. se dépatouiller avec tous les personnages féminins étaient l'un des aspects les plus divertissants du livre. A chaque fois qu'une nouvelle arrivait, je ne pouvais m'empêcher de me demander quelles misères ce pauvre K. allait connaître maintenant, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a du mal à pécho :D Mais c'est presque là son moindre problème, j'ai envie de dire.

Bref... comment j'ai fait pour en arriver à parler de ça alors qu'il est question d'une œuvre aussi magistrale que le procès, hein ?

 

Ce qui est intrigant aussi, c'est que l'auteur n'avait pas prévu de faire publier ce livre, la publication a été posthume. Du coup, ça me fait me poser des questions : pourquoi le considérait-il non propre à être publié ?

 

En tout cas, c'est dans une ambiance très particulière que nous plonge ce livre. C'est absurde, c'est fou, mais à la fois très lucide et ça à incite à réfléchir. K. passe son temps à (se) poser des questions sans vraiment obtenir de réponses (du moins sans les saisir ?), il est embarqué dans une spirale infernale dans laquelle il semble presque s'être embarqué tout seul. Moi aussi, j'avais l'impression de chercher ces réponses avec lui. Sauf qu'au final, j'en suis venue à même m'interroger sur « pourquoi K. se pose ces questions ? ». C'est vrai, on dirait presque qu'il se crée ses problèmes tout seul, ce personnage. Oui, ça devenait très compliqué :D L’œuvre doit être passionnante à étudier, j'aurais adoré le faire (mais ce ne fut pas le cas, triste vie que la mienne, je sais).

 

 

L'adaptation cinématographique, l'avis de la Luciole

Le Procès, d'Orson Welles, 1962

 

 

Edition Spéciale Prague : Le Procès - Franz Kafka, Orson Welles

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Parlons maintenant du film. Le Procès a été adapté par Orson Welles, réalisateur américain unanimement reconnu. Ne vous inquiétez pas, je vous parlerai dans la suite de l’Edition Spéciale de films réalisés par des réalisateurs tchèques, mais pour le moment parlons d’Orson Welles. (Bon en vrai, je pense que personne ne s'inquiétait:D)

Contrairement à Morgana qui découvrait l’œuvre, j’avais déjà vu et lu le Procès, mais j’ai complètement redécouvert le film. Je me souvenais d’avoir beaucoup aimé, d’images magnifiques, mais mon visionnage datait un peu et le reste était donc un peu flou … Qu’à cela ne tienne (Morgana m’a expressément autorisée à employer cette expression), j’ai revu le Procès et je pense avoir encore mieux aimé que la première fois.

 

 

Ce qui est fascinant dans un premier temps, comme dans ses autres films, c’est la personnalité d’Orson Welles. Le gars est absolument vaniteux, imbu de lui-même et tout ce que vous voulez, il n’en reste pas moins génial et j’aime beaucoup notamment la façon qu’il a de présenter le Procès.

Le film s’ouvre une histoire, présente dans le livre, la parabole dont vous a parlé Morgana. Elle est racontée par Orson Welles qui conclut par « This tale is told during a story called The Trial” ("Ce conte est raconté dans une histoire appelée Le Procès”), puis il nous annonce que cette histoire aura la logique d’un rêve … « ou d’un cauchemar ».

J’aime beaucoup cette mise en situation. Dès le début, Welles précise où on est, que c’est une adaptation, et que le film aura la logique du rêve, autrement dit, qu’il sera surréaliste. C’est plutôt sympa de nous prévenir Mr Welles ;) Au moins on est préparé, on sait où on pose les pieds, et on a déjà les premières bases pour le comprendre. Parce que comme le livre, l’adaptation n’est pas une œuvre simple et beaucoup d’interprétations sont possibles.

 

 

Il se dégage une ambiance bien particulière. La tension est maintenue tout le long du film. Dès le début, l’absurdité de la situation m’a énervée : quoi que M. K dise, les « policiers » venus le chercher retournent ses propos contre lui, ils cherchent la petite bête, si bien qu’il parait forcément coupable (de quoi, c’est une autre question…).

Car de toute façon, M. K SE SENT coupable. Il le dit à un moment à sa voisine (qu’il aime beaucoup ;) ;) ) : même enfant, quand le maître cherchait un coupable, il avait toujours la sensation que c’était lui.

Pour moi, c’est ce que le film cherche à démontrer (même si je ne m’avancerai pas trop dans mon interprétation et qu’il y en a plusieurs autres possibles). Au-delà de la parabole, qui met en parallèle l’histoire de M. K et l’histoire de ce pauvre homme qui attend devant les portes de la Loi, le film me semble montrer lui-même la condition humaine et la conscience humaine

J’avais l’impression de me retrouver dans la conscience de K, avec ses méandres, ses absurdités, ses fantasmes aussi (les femmes tiennent une place particulière dans l’histoire, et pas n'importe quelles femmes : Jeanne Moreau, Romy Schneider ... On ne se refuse rien :p).

Je ressens une certaine paranoïa de sa part, il se sent constamment accusé alors que personne ne lui a rien dit. Les policiers ne cessent de lui répéter « vous avez une raison de vous sentir coupable ? ». Je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que s’il arrêtait d’essayer de se justifier et de prouver son innocence, le « procès » ne serait pas allé aussi loin. Parce que plus il essaye de prouver son innocence, plus il s’enfonce …

 

 

C’est un film que je trouve très déconcertant, parce que je me suis retrouvée aussi impuissante que K par rapport à ce qu’il lui arrivait, alors que j’avais foncièrement envie de l’aider :D

Le tout teinté d'une critique fine de la société, c'est tout simplement parfait. En gros je trouve tout le film magistralement orchestré, les images sont magnifiques, les plans travaillés « au poil de cul » … je suis désolée je cherchais une autre formulation mais rien d’autre ne m’est venu , ce n’est pas de ma faute, c’est Orson Welles qui m’intimide, j’en perds mes mots o:), disons « avec une grande précision » plutôt …

 

Morgana lui a trouvé quelques longueurs, l'ambiance générale a finit par lui peser, elle avait envie de voir la fin arriver. Et je comprends qu'on puisse avoir un tel ressenti, pour le coup, l'ambiance est vraiment dense et oppressante, mais pour ma part, je n'ai rien à lui reprocher.

 

C’est un film qui m’impressionne tellement tant par son contenu que par sa réalisation technique que je suis à chaque fois quasiment hypnotisée devant mon écran !

 

"Je jouais l'avocat et j'ai réalisé ce film, My name is Orson Welles" (à lire avec une voix grave)

L'Edition Spéciale Prague :

 

Sommaire

A venir :

L'Autre Ville, Michal Ajvaz

Alice de Jan Svankmajer : adaptation surréaliste et un peu dérangeante d'Alice au Pays des Merveilles

Binome : Trains étroitement surveillés, de Bohumil Hrabal et son adaptation par Jiří Menzel

 

 

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Publié le 18 Août 2016

Edition Spéciale Prague : Sommaire

Bonjour à tous !

 

Comme vous l'avez peut-être compris, nous partons une semaine à Prague. (Pour tout vous dire, au moment où nous écrivons l'article, nous sommes même à 4h de partir ... On est un peu charrette sur Deedr :D).

L'année dernière, l'Edition Spéciale Ecosse nous avait bien plu et nous avait mis dans l'ambiance du voyage, on s'est dit qu'on allait reproduire l'expérience cette année avec la République Tchèque.

Sauf que chez les auteurs tchèques, pas de gâteau qui court, de gentil dragon ou de mec en kilt ... Non non... L'ambiance est bien moins glamour et on surfe plutôt sur le domaine des animaux empaillés et des cafards ... (Wouhou ! (restez avec nous !))

 

Effectivement, comme on l'a bien vite remarqué, on retrouve une ambiance commune à toutes ces oeuvres, qui ont toutes recours (à des degrés divers) au surréalisme. Donc ... pas de répit avec ces articles, ils seront tous absurdes ! :D

 

Le goût pour le surréalisme dans les oeuvres tchèques (film comme livre) nous a frappé, on a voulu en savoir plus ...

Alors sans en faire trois pages, on peut résumer le phénomène comme un moyen de contourner la censure. Ainsi, par symboles, métaphores, absurde voire burlesque, des sujets bien plus sérieux sont abordés : politique, existence humaine ...

 

Aujourd'hui, il n'y a plus de censure en République Tchèque, pour autant, on remarque que la tendance au surréalisme perdure.

 

Trêve de blabla, vous verrez par vous même dans nos 4 articles à venir:

toute la semaine, vous pourrez nous accompagner en République Tchèque.

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SOMMAIRE

 

18 août :

Binôme : Le Procès, de Kafka, et son adaptation cinéma par Orson Welles.

Ouais, ça sent pas la détente et le sable fin, mais quand on parle de littérature tchèque, Kafka c'est un peu incontournable. :p

 

20 août :

Morgana vous parlera de L'autre ville de Michal Ajvaz

L'oeuvre la plus récente de l'édition spéciale, mais pas moins surréaliste (même plus, que moins !)

 

22 août :

La Luciole vous parlera de Alice, de Jan Svankmajer

Une adaptation un peu (beaucoup) dérangeante (mais pas moins fascinante) d'Alice au Pays des Merveilles.

 

24 août:

Binôme : Trains étroitement surveillés, de Bohumil Hrabal, et son adaptation par Jiří Menzel

Des oeuvres qui ne ressemblaient absolument pas à ce qu'on imaginait ...

 

Bonne lecture Héhé ! Et guettez-bien notre retour, balades littéraires, vidéos, déménagement du blog à sa propre adresse et concours à venir ! (ça fait beaucoup hein ? :D)

 

On vous laisse avec un petit morceau de musique traditionnelle. Nous on va l'écouter dans l'avion :D (vous n'êtes pas obligés de nous croire)

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Rédigé par Morgana et La Luciole

Publié dans #Editions spéciales

Publié le 11 Août 2016

Balade littéraire #24 : Montolieu, Village du Livre (Aude)

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Montolieu, c'est une Balade Littéraire un peu particulière pour moi, puisque c'est là que ma famille m'a emmenée à l'occasion de mon 20ème anniversaire, en début de cette année. En gros, ce matin-là, je me suis levée, j'ai eu droit à quelques "bon anniversaire !" (quand même, on n'est pas des sauvages) puis à "Allez, habille-toi, on part". Ok, mais ? Impossible de savoir. Même ma mère, qui est la championne mondialement reconnue pour vous spoiler les films/livres/saisons de GOT qu'elle ne regarde même pas (bon, peut-être pas GOT, du coup), eh bien même elle n'a pas voulu me dire où nous allions.

Balade littéraire #24 : Montolieu, Village du Livre (Aude)

Ce n'est qu'en voyant le panneau Montolieu que je me suis souvenue avoir parlé avec eux de ce Village du Livre. Visiblement, ma mère m'y avait déjà emmenée, mais je devais avoir 2 ans. J'ai des souvenirs datant de cet âge-là, mais Montolieu ne figure pas parmi eux, et c'est une honte car c'est un véritable petit paradis, cet endroit. Si vous aimez les livres, évidemment :D

 

A Montolieu, il y a moins de 800 habitants. Pourtant, vous pourrez y trouver pas moins de 15 librairies. Le village a commencé à accueillir tous ces passionnés du livre au début des années 90, et depuis, c'est un véritable repaire pour amateurs de papier, vieux ou récent, relié ou broché, occasion ou neuf. On y trouve même un musée, dédié aux métiers du livre.

Balade littéraire #24 : Montolieu, Village du Livre (Aude)

 

Je craignais que ce soit le genre d'endroit où l'on ne trouve que des livres que je ne lirais jamais. Vous savez, ces livres dont personne n'a jamais entendu parler, qui n'ont été tirés qu'à très peu d'exemplaires, et en les ouvrant, on comprend immédiatement pourquoi ? Du genre "Le paysan et la paysanne pervertis" (oui, j'ai ce livre chez moi)(ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas)(mais son titre et ses illustrations sont trop magiques - ou mon humour trop pourri - pour que je le balance :D).

 

Eh bien pas du tout. A Montolieu, on y trouve des ouvrages extrêmement variés. Ma soeur, amatrice de BD et de Mangas récents a tout autant trouvé son bonheur que ma mère, passionnée de jardinage et qui s'est dénichée un super bouquin d'occasion là-dessus.

Les 15 librairies proposent chacune des types d'ouvrages très différents, et de ce que j'ai vu, les occasions sont plutôt intéressantes.

Il suffit de trouver la boutique qui nous correspond le plus !

Balade littéraire #24 : Montolieu, Village du Livre (Aude)

Pour ma part, je n'ai pas pu toutes les visiter (ça devient vite fatigant, les amateurs d'achat en librairie verront ce que je veux dire je pense :p), mais certaines m'ont particulièrement tapées dans l'oeil.

 

Le village en lui-même est absolument charmant. J'en parlais avec un ami qui s'y était rendu, pour lui, l'endroit est une sorte de "Chemin de traverse". Pourquoi pas, je verrais bien Fleury & Bott dans l'une des ruelles :D

Balade littéraire #24 : Montolieu, Village du Livre (Aude)

Mon anniversaire étant en hiver, j'y suis allée à la période un peu creuse, le village était un peu endormi, mais en été, il doit y régner une sacrée ambiance. Je suis repartie en disant que je voulais emménager ici le plus vite possible. Depuis j'ai préféré écouter les supplications de ma carte bleue, qui m'a dit qu'elle ne survivrait pas à un tel endroit où elle me savait incapable de résister. Bon. Quelle rabat-joie.

 

Mais je compte bien retourner là-bas, et à l'occasion visiter les 7 autres villages du livre qui existent en France !

 

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Pour plus d'infos :

Le site du village

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Rédigé par Morgana

Publié dans #Balades littéraires

Publié le 10 Août 2016

Hors de Portée - Georgia Caldera

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Au moment où j'écris ces lignes (longtemps avant la publication de l'article), je suis dans la dernière ligne droite de mon année universitaire, je suis passée en mode "je suis au bout de ma vie, si je disparais mystérieusement, sachez que je soupçonne Spinoza et Kant de vouloir ma mort à l'heure actuelle". D'habitude, les romances, je les réserve à mes premiers jours de vacances. Cette année, ça n'a pas attendu : j'avais besoin de détente et d'amouuuuuuur livresque. Maintenant.

 

J'ai énormément entendu parler des Larmes rouges de cette auteure. Sauf que, je vous le rappelle, je voulais quelque chose avec une ambiance moins sombre que les Larmes rouges. Du coup, mon choix s'est porté sur Hors de Portée : Hellooooo Scarlett. Eh oui, l'héroïne s'appelle Scarlett, en référence à Mlle O'hara. J'adore Autant en emporte le vent. Ca partait bien.

 

Scarlett est une jeune architecte d'intérieur. Elle vient d'ouvrir sa boite avec sa cousine Louise, et leur petite affaire démarre plutôt bien : elles ont décroché un rendez-vous avec le patron d'une importante entreprise qui a besoin de refaire ses locaux. Sauf que le patron en question est sexy en diable et mystérieux, c'est Aidan. Aidan ? Vous ne savez pas qui il est ? Scarlett non plus, ne le sait pas. Sauf que, contrairement à nous, elle est supposée le savoir. Autant vous dire que cette rencontre va faire des étincelles et plonger l'héroïne dans un passé qu'elle aurait préféré ne jamais se rappeler.

 

Oui. Dans cette romance, ce n'est pas seulement le héros qui a un passé louuuuurd et mystériiiieux. L'héroïne aussi. Je vous laisse imaginer le bazar que ça donne. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça créé des rebondissements. Ils ne sont pas forcément très surprenants, mais l'auteure a le mérite de ne pas les présenter comme si c'était des révélations fracassantes (Par exemple, Aidan, tout comme nous, se doute très bien de ce qui est arrivé à Scarlett, ce qui nous évite la situation où le héros est censé être un génie mais est incapable de saisir l'évidence même).

 

J'ai pas mal apprécié Scarlett : j'aime son côté "ok. Je m'en suis pris plein la tête, mais on ne va s'arrêter de vivre pour autant". Elle le fait comme elle peut, mais elle avance. Elle arrive quand même à avoir un côté "Mlle tout le monde". Malgré tout, on ne va pas se mentir : au fur et à mesure que les choses avançaient avec Aidan, je ressentais de moins en moins d'empathie. 

Parlons-en, de notre beau-gosse-ultime-de-la-muerta-avec-option-aura-ténébreuse : je suis très, très mitigée. Dès le départ, je n'aimais pas trop son comportement possessif et intrusif. Je comprends le fantasme du personnage masculin dominant, mais en l'occurence, son comportement m'a vraiment dérangée à plusieurs reprises. Même s'il reconnaît ses erreurs, même s'il sait lui-même quand il a dérapé. Non, meuf, Scarlett chérie, tu fuis. Voilà tout ce que j'avais envie de dire à l'héroïne. Je comprends très bien l'idée qu'ils puissent être "destinés l'un à l'autre", que Aidan sache voir qui est réellement Scarlett, et vice versa d'ailleurs. Mais j'ai réellement été dérangée à plusieurs reprises. Clairement, ce n'est pas le genre de relation qui me vend du rêve : Scarlett, ne t'inquiète pas, on ne se battra pas pour ton mec :D

Les scènes de sexe, on en parle ? Bien sûr qu'on en parle, je vous connais, n'essayez pas de feinter, ça ne marche pas : je sais que vous avez lu en diagonale jusqu'ici mais que vous êtes maintenant tout yeux. :D Les premières sont bien amenées et menées, mais j'en aurais retiré quelques-unes sur la fin car ça finit par être un petit peu redondant.

 

Bien. Maintenant que vous êtes persuadés que j'ai détesté, laissez-moi vous détromper : j'ai trouvé ça super addictif. La relation chaotique entre les héros ne laisse pas vraiment place aux temps morts et j'avais envie de lire les révélations, d'assister à la confrontation des personnages. Ce n'est pas parce que je n'ai pas vraiment adhéré aux comportements des héros que je n'ai pas pour autant trouvé la construction des personnages assez réussie. Ca reste des personnages de romance assez classiques, mais ce sont les personnages de CE livre, avec une saveur rien qu'à eux. Et ça, j'ai trouvé que c'était très appréciable. D'autant plus qu'au-delà des réactions d'Aidan que je n'ai pas beaucoup aimées, la tension entre lui et Scarlett est palpable et j'ai apprécié certains moments de leur jeu du chat et de la souris durant la première moitié. 

 

Pour conclure, je suis tout de même légèrement déçue, même si la première partie m'a fait passer un très bon moment. Ca partait bien, le ton est vif, les scènes s'enchaînent bien, l'héroïne m'était sympathique... mais sa relation avec le héros m'a dérangée à plusieurs reprises. Ce qui est assez embêtant, pour une romance, il faut le reconnaître. :D Après, c'est plus une question de goût personnel ; ça n'a pas réussi à me faire rêver, mais ça sera peut-être tout le contraire pour vous.

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Rédigé par Morgana

Publié dans #Lectures, #Romance, #Chick-lit (histoires de fiiiiilles)

Publié le 7 Août 2016

Eleanor & Park - Rainbow Rowell

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Il a quelque chose de spécial, ce livre.

Les romances adolescentes, ça a souvent un côté niais (pas forcément désagréable), souvent même peu crédible car l'auteur a du mal à retranscrire les sentiments de cet âge-là. Ici, la magie opère, et Rainbow Rowell propose de découvrir deux personnages auxquels j'ai crus.

 

Dès que le livre a commencé à faire parler de lui, je me suis sentie concernée. Non, je n'ai pas rencontré mon premier amour dans un bus, je n'ai jamais lu de comics en charmante compagnie (mais ça peut encore arriver). Eléanor est rousse, les gars. Et en plus elle a les yeux marrons, s'il vous plaît. C'était forcément un personnage cool. :D

Bon... En réalité, j'aimais la manière dont les lecteurs de ce livre en parlaient. Il semblait régner une ambiance particulière, un peu nostalgique. L'intrigue se déroule dans les années 80, et j'ai tellement, tellement aimé cette atmosphère. A l'époque de cette histoire, j'étais âgée de " - 10 ans ", donc autant vous dire que je n'ai aucune idée de si c'est réaliste, mais en tout cas, j'y ai cru. Lorsque j'ai eu tourné la dernière page, j'ai eu envie d'écouter du vieux Rock dans un lecteur cassette. Bon, je me suis contentée de lancer un album des Beatles sur youtube, et de chanter Octopus's Garden les deux jours suivants, au plus ou moins grand amusement de mon entourage :D

 

Je ne m'attendais pas à ce que Eleanor ait cette vie. On pourrait même plutôt parler de survie. De nombreux passages sont très malaisants, et le plus difficile m'a semblé être le côté réaliste de la chose. Des adolescentes qui grandissent dans un tel cadre, ça existe, et je n'étais pas forcément prête à me prendre tous ces trucs en pleine face quand j'ai ouvert le livre. :D Cela dit, même si Park a une famille bien plus équilibrée et aimante, ce n'est pas pour autant qu'il n'a pas été touchant. Au contraire, l'auteure dresse le portrait d'un garçon d'une sensibilité émouvante, qui semble pourtant sur le point d'exploser à tout moment. J'ai aimé cet espèce de calme en Park, qui cache une grande force de caractère et des problématiques assez profondes.

 

La construction de leur relation est très douce et silencieuse, et même lorsqu'ils commencent plus à parler, j'ai toujours conservé cette sensation de grand silence. Leurs dialogues se font en peu de mots. La première partie dans le bus reste ma préférée, mais par la suite j'ai aimé l'humour des dialogues, ou même le ton plein d'humour en général. J'ai même explosé de rire à un moment, il m'a fallu quelques secondes pour me remettre (c'est dur, la vie de lecteur).

 

J'ai tout de même eu quelques difficultés avec Eleanor. Je comprenais ses réactions : vexation, colère, doute, angoisse... mais je ne pouvais m'empêcher de lui en vouloir un peu parfois, d'être si dure avec Park. Le personnage masculin m'a au final plus touchée, alors que les problèmes qu'il traverse auraient dû faire bien moins échos en moi que ceux d'Eleanor. Surtout, je ne peux pas ne pas toucher un mot de la mère de Park : ce personnage secondaire a probablement été celui qui m'a le plus émue. J'aime son évolution, les efforts qu'elle essaye de faire, aussi maladroits soit-ils, juste pour aider son fils. Bref, Min-Dae, c'était la plus-meilleure.

 

J'étais peut-être un petit peu moins enchantée par le dernier quart, certains moments me paraissaient un peu répétitifs par rapport aux réactions d'Eleanor. Une très jolie fin, très sobre, dont j'ai adoré la dernière phrase.

 

Par contre, certaines conjugaisons m'ont laissée un peu perplexe : l'emploi des temps est parfois étrange, la faute à la traduction française ?

 

Une histoire qui m'a fait voyager dans le temps, au travers de ce premier amour désespéré mais qui donne pourtant de l'espoir. Je n'ai pas toujours été en accord avec Eleanor, la conjugaison m'a semblée étrange à certains moments, mais je retiens les personnages touchants et les fréquentes touches d'humour. Une jolie histoire !

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Rédigé par Morgana

Publié dans #Lectures, #Jeunesse, #Romance

Publié le 4 Août 2016

Note : exportation du blog

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Bonjour à toutes et tous !

 

Un petit message rapide pour vous prévenir que nous sommes actuellement en train de mettre en place l'exportation du blog sur une autre plateforme. Les publicités à outrances sur overblog auront (entre autres) eu raison de nous. ;)

 

Nous profitons donc du calme de l'été pour procéder au grand changement que cela constitue !

 

Concrétement, ça donne quoi ?

 

* Il y aura des changements dans l'apparence du blog à cette adresse, pas de panique, c'est normal, même si ça ne nous enchante pas que Deedr n'ait plus sa petite tête habituelle :D

 

* Nous continuerons de publier ici jusqu'à ce que tout soit prêt à la nouvelle adresse.

 

* Une fois l'export terminé, la suite se passera là-bas. Nous mettrons en place des redirections automatiques pour faciliter tout ça, et puis, évidemment, nous partagerons sur les réseaux sociaux les liens directs des nouveaux articles, donc ça ne devrait pas trop perturber votre lecture des prochains articles. :)

 

 

Si vous souhaitez être tenus au courant, nous vous invitons à nous suivre sur Facebook ou Twitter, si ce n'est pas déjà fait.

 

On s'excuse d'avance des perturbations (assez légères, on espère) que cela va occasionner, et puis on se retrouve vite sur un Deedr tout beau, tout neuf ? ;)

 

Bon été, plein de lectures, farniente, chocolat, etc... :D

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Rédigé par Morgana et La Luciole

Publié le 3 Août 2016

Parce qu'une bibliothèque ce n'est pas simplement des livres posés sur une planche de bois, parce qu'il existe autant de sortes de bibliothèques qu'il y a de lecteurs, nous avons eu envie d'une rubrique dans laquelle on pourra présenter ces bibliothèques.

Qu'elle soit parfaitement classée ou dans le bazar le plus ultime, pleine de classiques ou de Marc Levy, belle ou insolite, chaque bibliothèque est unique, propre à son lecteur ! Voyez plutôt !

(et envoyez nous une photo de la vôtre à deedr.ml@gmail.com pour apparaître dans la rubrique !)

 

La Bibliothèque de Floly :

Bibliothèque des gens #19 : La Bibliothèque de Floly

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Ok, je vous préviens tout de suite, j'aime beaucoup cette bibliothèque et elle m'inspire pas mal, mais les raisons ne sont absolument pas rationnelles ...

Dès que Floly nous l'a envoyée, je l'ai trouvée très jolie, très apaisante, et m'a fait penser à une sorte de mini-extension du jardin... (Je vous avez prévenu que ce serait étrange).

Je vais m'expliquer un peu ^^ : on voit le jardin par la fenêtre, la plante devant qui fait la liaison, et cette bibliothèque tout en bois clair avec la statue de Bouddha, des pierres, une coccinelle en peluche ...

Et même les livres que Floly a choisi de mettre en avant participent à cette sensation, surtout Le Chant du Troll de Pierre Bottero, dont la couverture représente une forêt.

Voilà, voilà, c'est sans doute un peu (beaucoup) tiré par les cheveux mais en tout cas, cette bibliothèque pleine de douceur me plait bien et me donne envie de plonger dans un livre (au hasard, dans Le Chant du Troll ! ;) )

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Rédigé par La Luciole

Publié dans #La bibliothèque des gens